Maison de la Parole
À Beaugency, au-dessus de la Loire, des sœurs ursulines et des laïcs vous accueillent, seul ou en groupe, dans un couvent du XVIIe siècle. On y vient pour se poser, prier ou découvrir la Bible.
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À Beaugency, au-dessus de la Loire, des sœurs ursulines et des laïcs vous accueillent, seul ou en groupe, dans un couvent du XVIIe siècle. On y vient pour se poser, prier ou découvrir la Bible.
Le couvent des Ursulines de Beaugency, quatre siècles d'histoire
Tout commence en 1629. Cette année-là, les échevins de Beaugency demandent aux Ursulines d'Orléans d'envoyer des sœurs pour faire la classe gratuitement aux petites filles de la ville et des villages voisins.
Le couvent que l'on voit aujourd'hui sort de terre un peu plus tard. Une ursuline née à Beaugency, Anne Tardif, lance le chantier, et la première pierre est posée le 24 avril 1647. La plaque qui le rappelle est toujours là, dans l'escalier. Les bâtiments sont achevés vers 1660. En 1668, l'école compte déjà 250 élèves, et les sœurs font aussi cours le dimanche aux jeunes filles et aux femmes.
Jusqu'en 1792, c'est la seule école de filles de Beaugency. Puis vient la Révolution. Le couvent est vendu comme bien national et sert de magasin à fourrage et de logements. Les sœurs le rachètent petit à petit à partir de 1803 et rouvrent l'école. Au XIXe siècle, elles construisent le grand bâtiment du pensionnat, où des jeunes femmes venues de Pologne, de Russie, d'Autriche-Hongrie ou d'Italie apprennent le français.
Comme beaucoup de couvents français, celui-ci a suivi les secousses de l'histoire. On y soigne des blessés français et prussiens en 1870. Pendant la Grande Guerre, il devient hôpital militaire, puis hospice et maternité à partir de 1940. C'est aujourd'hui l'un des plus anciens bâtiments de Beaugency, et pourtant on passe souvent devant sans le remarquer. Le couvent ouvre ses portes au public pour les Journées européennes du patrimoine en septembre et pour la Fête des arts, terroir et jardin en mai.

Les sœurs ursulines et la Maison de la Parole
Les Ursulines ont été fondées en 1535 à Brescia, en Italie, par sainte Angèle Merici. Elle voulait instruire les filles et prendre soin des plus pauvres, ce qui était assez neuf à l'époque. L'ordre de Sainte-Ursule arrive en France en 1586 et y ouvre des écoles un peu partout. Sa devise, « Serviam », veut dire « je servirai ».
À Beaugency, huit sœurs vivent sur place. Elles appartiennent à l'Union romaine de l'ordre. En 2000, avec le diocèse d'Orléans, elles ont ouvert la Maison de la Parole dans une partie du couvent. Son but est de faire découvrir la Parole de Dieu, de la méditer, de la célébrer et de la vivre, en accueillant chacun sans distinction, quel que soit son chemin. On l'annonce ici à la manière d'Angèle Merici, avec bienveillance et un vrai souci de chaque personne.
Les sœurs ne sont pas seules. Une équipe de laïcs et plus de 50 bénévoles font vivre la maison. Les repas sont préparés par un ESAT et servis par des bénévoles. Sur le même site se trouvent aussi une école et les Archives nationales des Ursulines.

Une retraite à la Maison de la Parole
L'ambiance est libre. Personne ne vous impose d'horaire. Vous pouvez passer la journée à lire, marcher au bord de la Loire, donner un coup de main au jardin ou simplement vous reposer. Le grand jardin arboré a vue sur le fleuve, et la chapelle reste ouverte à toute heure, comme l'oratoire.
Les sœurs prient laudes le matin et vêpres le soir à la chapelle. Vous pouvez les rejoindre pour ces offices quand vous le souhaitez. Si vous avez besoin de parler, une sœur peut aussi vous écouter ou vous accompagner pendant votre séjour.
Ceux qui préfèrent un cadre trouveront un programme de retraites tout au long de l'année. En 2026-2027, il y en a une sur les psaumes, une autre avec la première lettre de saint Jean, inspirée des Exercices spirituels de saint Ignace, une avec Marie de l'Incarnation, ursuline née à Tours et partie en mission au Québec, et huit jours avec saint Ignace de Loyola en juillet 2027. Certaines se vivent en silence. Les 18-35 ans ont aussi leurs séjours, « Le service t'appelle », pour servir, prier et vivre la fraternité.

Les modalités pratiques
La maison reçoit aussi bien une personne seule qu'un groupe, pour une journée ou pour plus d'une semaine. On y croise des couples, des familles avec enfants, des jeunes, des prêtres et des religieux. Les scouts peuvent dormir en chambre ou sous la tente dans le jardin, et les étudiants viennent parfois y réviser leurs examens.
Il y a 28 chambres, simples, doubles ou triples, pour 48 couchages. Le confort est simple, avec des salles de bain partagées. Deux chambres sont accessibles aux personnes à mobilité réduite. Les draps sont fournis et le Wi-Fi marche dans toute la maison. Les animaux ne sont pas acceptés.
Les repas se prennent dans les salles à manger de la maison, pas avec la communauté. Il faut les commander au moins un mois à l'avance. Si vous suivez un régime particulier, signalez-le dans votre demande de séjour. Vous pouvez aussi apporter votre pique-nique.
On arrive avant 18 h, et l'heure du départ se voit avec l'équipe. La maison ferme les deux premières semaines d'août et la semaine de Noël. Pour la participation aux frais, comptez autour de 60 à 65 € par jour, repas compris. Les sœurs ne veulent pas que l'argent soit un obstacle : si votre budget est serré, dites-le au moment de la demande de séjour.
La gare de Beaugency, sur la ligne TER Orléans-Blois-Tours, est à dix minutes à pied. En voiture, la sortie de l'A10 est à un quart d'heure, Orléans à une vingtaine de minutes, et on se gare dans l'enceinte du couvent.

Que voir autour de Beaugency ?
Beaugency est une petite ville du Loiret, posée sur la rive nord de la Loire. Son centre historique fait partie du Val de Loire inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Tout se visite à pied. Il y a la tour de César, un donjon du XIe siècle, l'abbatiale Notre-Dame, le château Dunois, la tour de l'Horloge et le vieux pont sur la Loire, déjà mentionné au début du XIIe siècle.
Le couvent se trouve sur l'itinéraire de la Loire à Vélo. À pied, une jolie balade longe le fleuve jusqu'aux Fontenils et aux « eaux bleues » de Tavers, en deux heures environ. Le mercredi et le samedi, c'est jour de marché en ville.
Un peu plus loin, sur l'autre rive, le château de Chambord est à une vingtaine de kilomètres.