Chartreuse de Montrieux
Méounes-lès-MontrieuxVar
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- Chartreuse Montrieux Le Jeune 5841 · Photo : SombreSanglier · CC BY-SA 3.0 · via Wikimedia Commons
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La chartreuse de Montrieux
Sous le ciel bleu du Sud de la France, au cœur de la Provence ensoleillée, dans une région où la vie chrétienne est présente depuis sainte Marie Madeleine et la vie monastique enracinée par saint Jean Cassien et par saint Honorât dès le début du cinquième siècle, une Chartreuse qui, malgré sa petitesse et son apparente insignifiance, défie les siècles : Montrieux. Un site solitaire au milieu d’une forêt typiquement méditerranéenne, dans une vallée silencieuse et peu fréquentée, à 45 minutes de Toulon et à une heure et demie de Marseille, sur les rives du Gapeau. Les Chartreux y sont arrivés au début du XIIe siècle en s’inscrivant dans une tradition monastique locale initiée par les disciples de Cassien, continuée par ceux de saint Benoît, faisant de Montrieux la huitième maison de l’Ordre naissant des Chartreux.
Bien que les habitants de cet ermitage, depuis ses origines, s’efforçaient à se tenir à l’écart des agissements du monde, le monastère n’a pas été épargné des vicissitudes de l’histoire toujours mouvementée et parfois dramatique des hommes. Il a été gravement touché par la Peste Noire, qui n’a laissé qu’un seul survivant : dom Guillaume Pétrarque, frère du poète et humaniste Francesco. Il n’a pas été épargné durant les guerres de Religion, pillé au XVIe siècle, puis au siècle suivant, supprimé lors de la Révolution Française, fermé à la suite des lois anticléricales de 1901, vendu en 1906 ; enfin repeuplé en 1928. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, tout en gardant la vie régulière à l’intérieur de la clôture monastique, une partie des bâtiments a été cédée pour y accueillir un hôpital de la Croix Rouge. Ainsi Montrieux sera probablement la première et jusqu’à nos jours l’unique Chartreuse où des nombreux nouveau-nés ont vu le jour ! De toute évidence, le Père céleste a bien écouté la prière de son Fils : « Je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais » (Évangile selon saint Jean 17, 15).
Car éprouvé, mais épargné aussi, le monastère pourrait faire sienne avec saint Antoine, Père des moines, la parole du psalmiste : « Aujourd’hui, je commence », « nunc cœpi » (Ps 76, 11, selon la Vulgate). Chaque fois reconstruit selon les plus anciennes traditions cartusiennes, avec ses douze cellules solitaires groupées autours de l’église et les autres bâtiments modestes de la vie commune, le monastère garde son visage inaltérable, où ne se sentiraient point dépaysés ni saint Bruno, fondateur de la Chartreuse, ni Guigues, son législateur, ni le bienheureux Jean d’Espagne, prieur de Montrieux, qui a inscrit le nom de sa Maison dans l’histoire cartusienne non seulement par sa sainteté, mais aussi, en donnant à l’Ordre sa branche féminine vers 1145.
À ce jour, dans cet « aujourd’hui » de la grâce divine, la communauté de Montrieux forme une petite famille monastique d’une douzaine de moines. Provenant de six pays (France, Burundi, Canada, Hongrie, Pologne, République Tchèque), les moines sont rassemblés d’un amour fraternel autour du Christ, seuls et ensemble, dans leurs cellules aussi bien qu’à l’église ou les autres lieux de la vie communautaire, pour Lui offrir leurs vies, leur adoration, l’attention de leur cœur de chaque instant en réponse à l’amour gratuit dont ils se savent aimés et appelés. Avec nos Pères dans la vie monastique et cartusienne, qui, tels des amants de la solitude ont suivi le Christ seul au désert où, dans la prière continuelle Il accomplit en sa Personne le mystère du salut, tu nous as appelés à marcher sur les traces du Christ et à servir l’église. C’est pourquoi, en union avec tous les saints, nous te rendons grâce et sans fin nous proclamons : Saint, Saint, Saint… (Préface de la Messe des Moines).
Si le monastère ne reçoit pas des retraitants laïcs pour se ressourcer comme cela se fait en d’autres ordres religieux ou monastiques, ses portes seront toutefois ouvertes pour ceux qui s’interrogent sérieusement au sujet d’un éventuel appel à la vie cartusienne, dans la mesure où, après un échange écrit, leur démarche semble contenir les germes d’une authentique vocation de chartreux. En ce cas-ci ils seront les bienvenus pour faire l’expérience de notre vie et s’interroger en profondeur devant Dieu, si la rencontre solitaire et liturgique avec le Dieu d’Amour, ainsi que le partage fraternel d’une existence humaine sobre et dépouillée, peut les rendre heureux tout au long de leur vie, au point d’en faire leur unique trésor et s’en contenter au détriment de tout le reste. En cette démarche de discernement ils pourront compter sur l’appui et la prière de toute la communauté, et en particulier à l’aide des moines délégués au service des candidats.
« Y a-t-il un autre bien que Dieu seul? » (St Bruno)