Abbazia di Casamari
À Veroli, dans le Latium, les moines cisterciens de Casamari ouvrent leur abbaye du XIIIe siècle à ceux qui cherchent un temps de prière, de silence et de vie communautaire.
5 min de lecture
Une abbaye cistercienne du XIIe siècle
Au sud du Latium, à Veroli, dans la province de Frosinone, l'Abbazia di Casamari est l'un des plus purs exemples de l'architecture cistercienne en Italie. Depuis le XIIe siècle, des moines y prient, travaillent et accueillent. Aujourd'hui, une communauté de seize moines cisterciens fait vivre ce grand monastère, maison-mère de la Congrégation de Casamari.
L'abbaye ouvre ses portes aux prêtres, religieux et hommes seuls qui souhaitent passer quelques jours à l'intérieur du monastère, en partageant la vie de la communauté. Elle offre aussi une chambre pour la nuit aux pèlerins du Chemin de saint Benoît et de la Via Francigena du Sud. Quant aux groupes (paroisses, camps scolaires, scouts), ils sont accueillis en autogestion à la Grangia di Antera, un petit couvent perché sur les collines voisines.
La communauté appartient à la grande famille cistercienne : depuis 1929, Casamari et les monastères qu'elle a fondés forment une congrégation monastique autonome, rattachée à l'Ordre cistercien.

Une communauté presque millénaire
L'abbaye a été bâtie au début du deuxième millénaire sur les ruines de l'antique Cereate, patrie du consul romain Caius Marius : Casamari, c'est littéralement la « maison de Marius ». Des bénédictins s'y installent d'abord, puis les cisterciens leur succèdent au milieu du XIIe siècle et élèvent le monastère actuel. La première pierre de l'église est bénie par le pape Innocent III en 1203, et l'édifice est consacré par Honorius III en 1217. Huit siècles plus tard, sa structure est restée presque intacte.
L'histoire de Casamari a connu ses heures sombres. Au printemps 1799, des soldats en déroute de l'armée française font irruption dans l'abbaye à l'heure des Complies. Six moines y perdent la vie en protégeant le Saint-Sacrement.
Après les saccheggi du XIXe siècle et la confiscation de ses biens, l'abbaye est déclarée monument national en 1874, et la garde en est confiée aux moines eux-mêmes. En 1930, la congrégation reçoit du Saint-Siège la mission d'implanter le monachisme catholique en Éthiopie et en Érythrée. Une communauté du Latium qui essaime jusqu'à la Corne de l'Afrique, c'est une belle façon de pratiquer l'hospitalité à grande échelle !

Le quotidien à Casamari
La prière
Les moines se retrouvent au chœur plusieurs fois par jour, de l'Office des lectures et des laudes à 5h15 jusqu'aux Complies à 21h, suivies du grand silence de la nuit. Les vêpres sont précédées d'un temps de lectio divina, et la messe est célébrée chaque jour dans l'église abbatiale. Vous prierez dans un cadre d'une grande sobriété : fidèles à l'esprit de saint Bernard, les bâtisseurs ont banni les ornements superflus pour laisser toute la place au recueillement.
L'architecture cistercienne
L'église, en croix latine à trois nefs, impressionne par ses voûtes gothiques et ses fenêtres fermées de plaques d'albâtre qui filtrent une lumière douce. Curiosité unique dans l'architecture cistercienne : le clocher ne s'élève pas à la croisée du transept, mais sur la travée qui la précède. Et ne cherchez pas l'orgue : ses 1 525 tuyaux sont logés à l'extérieur de l'église, pour un effet sonore étonnant.
Le cloître, cœur du monastère, est le lieu du silence par excellence. Sur l'un de ses chapiteaux, la tradition reconnaît les visages de l'empereur Frédéric II et de son secrétaire, souvenir de son séjour à Casamari en 1222.
Les trésors du monastère
- Le musée, installé dans les anciennes salles de travail des moines et le chauffoir, rassemble des vestiges de la préhistoire à l'époque romaine et des toiles anciennes.
- La bibliothèque, riche d'environ 70 000 volumes, occupe l'ancien réfectoire des frères convers : une salle de 25 mètres de long et 30 mètres de haut.
- La pharmacie et la liquoreria perpétuent une vieille tradition monastique de préparations à base de plantes, de l'Elixir San Bernardo au Rosolio stomatico.

Faire une retraite à l'Abbazia di Casamari
Les hommes seuls, prêtres et religieux sont reçus à l'hôtellerie (foresteria) située dans le jardin de l'abbaye, pour quelques jours au rythme de la communauté.
Une retraite est notamment marquée par le silence, propice au recueillement : à partir de 21h30, après les Complies, commence le grand silence nocturne.
Pour les pèlerins, une chambre pour la nuit est possible pour ceux qui marchent sur le Chemin de saint Benoît ou la Via Francigena du Sud.
Les groupes peuvent être accueillis dans la Grangia di Antera, à environ 6 km. Elle dispose de 70 lits, d'une église, d'une cuisine équipée et de salles, au bord d'un bois et entourée de vastes espaces verts. Elle fonctionne en autogestion.

Les activités autour de l'Abbazia di Casamari, dans le Latium
- La Grangia di Antera, à environ 6 km sur les collines, pour une promenade vers ce petit couvent en lisière de forêt.
- Veroli, la ville dont dépend l'abbaye et dont une ancienne chronique vantait déjà le monastère comme « l'honneur du peuple ».
- L'Abbazia di Montecassino, dans la même province de Frosinone, autre haut lieu monastique bénédictin du Latium.
- Rome
Bon à savoir : l'abbaye se visite gratuitement tous les jours de 9h à 12h et de 15h à 18h. Pour les groupes, il est conseillé de réserver.