Agostiniane di Lecceto
À 10 km de Sienne, dans un bois de chênes verts, l'Eremo di Lecceto est l'un des berceaux de l'ordre de saint Augustin. Des moniales augustines y vivent depuis 1972 et accueillent ceux qui cherchent le silence et la prière.
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À 10 km de Sienne, dans un bois de chênes verts, l'Eremo di Lecceto est l'un des berceaux de l'ordre de saint Augustin. Des moniales augustines y vivent depuis 1972 et accueillent ceux qui cherchent le silence et la prière.
Un ermitage né dans la forêt
Au XIIe siècle, la forêt qui entoure Lecceto avait mauvaise réputation : c'était un repaire de brigands. Un petit groupe d'ermites s'y installe pourtant, dans des grottes creusées dans le tuf, pour y chercher Dieu. En 1228, ils consacrent leur petite église, premier noyau de la vie commune.
Ces hommes choisissent la règle de saint Augustin. Ils sont à l'origine de l'ordre des Ermites de saint Augustin, que le Saint-Siège fonde par deux bulles, en 1244 et en 1256. Au-dessus du portail, une inscription latine résume l'histoire du lieu : Ilicetum vetus, sanctitatis illicium. On peut la traduire par « antique repaire de sainteté » ou par « antique attrait de sainteté ».
Les XIVe et XVe siècles sont l'âge d'or de Lecceto. Le prieur Filippo degli Agazzari raconte la vie des bienheureux de Lecceto dans un recueil d'exemples, les Assempri, et un grand tableau les représente sur un « arbre des bienheureux ». Sainte Catherine de Sienne connaît bien l'ermitage. Elle est l'amie de plusieurs frères, dont l'Anglais William Flete, qui fut pendant des années son père spirituel.
Les frères restent jusqu'aux suppressions du début du XIXe siècle. L'ermitage est alors abandonné et pillé. En 1816, le séminaire archiépiscopal de Sienne le rachète et en fait la résidence d'été de ses séminaristes, jusqu'en 1940. Dans les années 1940, un prêtre poète du diocèse, don Martino, dit Idilio d'Ellera, y vit un temps en ermite et chante dans ses vers la beauté rude de cette forêt.

Les moniales augustines de Lecceto
Le 30 décembre 1972, les moniales augustines du monastère Santa Maria degli Angeli quittent la via delle Sperandie, à Sienne, pour s'installer à Lecceto. Elles sont âgées, et beaucoup les aident à traverser les premières difficultés. En 1979 arrive la première jeune sœur, puis beaucoup d'autres. Le renouveau de la communauté doit beaucoup à Mère Alessandra Macajone, supérieure de 1989 à sa mort soudaine en 2005. Elle repose aujourd'hui dans l'église de l'ermitage.
Les sœurs se présentent simplement : des femmes, amies et sœurs, filles de saint Augustin. Elles cherchent à vivre comme la première communauté de Jérusalem, avec « un seul cœur et une seule âme » tournés vers Dieu. Leur vie tient en quatre mots : la prière, l'étude, la vie commune et le travail. L'étude a ici une vraie place, dans la ligne de saint Augustin, pour qui on ne peut pas aimer ce qu'on ne connaît pas.
Le travail des sœurs fait vivre la communauté, qui ne reçoit aucune subvention. À l'ermitage, leur boutique s'appelle L'Upupa, du nom de la huppe qui vient dans leur potager et qu'on retrouve sur les fresques du cloître. On y trouve des objets faits à la main, souvent en un seul exemplaire.

Le cadre d'une retraite à Lecceto
On arrive à Lecceto par une longue allée bordée d'arbres, et le bruit de la route s'efface vite. Autour, la forêt de chênes verts. Dedans, des cloîtres, un puits, des fresques anciennes et une église où la communauté prie sept fois par jour.
Ici, toute la prière est chantée. Les sœurs reprennent volontiers un mot de saint Augustin : chanter est le propre de celui qui aime. Les offices rythment la journée, de l'office des lectures au petit matin jusqu'aux complies, le soir. L'église reste ouverte : vous pouvez vous joindre à la prière autant que vous le souhaitez.
Le reste du temps appartient au silence. Les sœurs l'écrivent à leur manière sur leur site : Dieu parle dans le grand silence du cœur. Une marche dans le bois, un moment au cloître ou une heure de lecture suffisent souvent à le retrouver.

Les modalités pratiques
Les sœurs offrent l'hospitalité monastique à toute personne qui souhaite partager avec elles un temps, plus ou moins long, de silence et de prière.
Il n'y a pas de tarif fixe. Chacun participe aux frais librement, selon ses moyens. La communauté y tient : elle ne veut refuser personne pour des raisons d'argent. Pensez à apporter vos draps (ou un sac de couchage), une taie d'oreiller et vos serviettes, sauf accord différent avec les sœurs.
En semaine, la journée de prière commence à 6 h avec l'office des lectures et s'achève à 21 h avec les complies. La messe est célébrée à 8 h en semaine, à 17 h le dimanche. Le jeudi soir, un temps d'adoration eucharistique a lieu de 18 h 15 à 19 h 40.
Pour les 18-35 ans, les sœurs proposent depuis plusieurs étés trois jours d'expérience monastique, « Cosa c'è oltre il muro » (Qu'y a-t-il derrière le mur ?), pour partager de près leur journée.
La durée du séjour et les repas se voient avec les sœurs au moment de la demande de séjour.

Autour de Lecceto
Sienne n'est qu'à une dizaine de kilomètres. On y vient pour la piazza del Campo, pour la cathédrale et pour le sanctuaire de la maison de sainte Catherine, ce qui prolonge assez naturellement un séjour à Lecceto, où la sainte venait voir ses amis ermites.
Tout près de l'ermitage, l'ancien ermitage augustinien de San Leonardo al Lago garde de belles fresques du XIVe siècle. Un peu plus au nord, Monteriggioni a conservé son enceinte médiévale et ses tours, posées sur une colline au milieu des vignes et des oliviers.
